« Ce n’est pas un peu prétentieux ce que tu veux faire là? »

En 2009, nous venions de déménager à Auckland, Nouvelle-Zélande, depuis la petite ville de New Plymouth, à 400 km de là, où j’avais travaillé comme conceptrice pédagogique pendant 18 mois, avant d’avoir ma seconde fille, Auxane.

J’avais décidé d’arrêter de travailler dans un bureau après la naissance d’Auxane, pour profiter de sa première année. Je n’avais pas pu le faire pour mon premier enfant et je le regrettais.

J’ai pu travailler pour mon ancien employeur en France pendant un an, bébé sur les genoux ou au sein, à la maison avec vue sur la mer, c’était parfait. Mais ça n’a duré qu’un an.

La vue de tous les jours depuis mon bureau en 2009 (soupir)

La liberté, ça vous gagne

Une fois installés à Auckland, je me cherchais plus de contrats en tant que freelance, car j’étais devenu accro à ce style de vie où on travaille souvent trop ou pas assez, mais avec toujours cette idée en tête que, potentiellement, on peut gagner plus (en deniers et en qualité de vie), alors qu’en restant employé, le plafond est vite atteint et rarement dépassable.

Et ce n’était pas facile de trouver des nouveaux contrats dans une nouvelle ville où nous ne connaissions strictement personne! J’avais échangé quelques emails avec un français qui avait vécu longtemps en Nouvelle-Zélande, et était rentré en France pour les études de ses filles. Il était de retour en terre kiwie, 10 ans après son départ, pour voir s’il souhaitait se réinstaller là-bas ou pas. On décide de se rencontrer, pour échanger nos expériences.

Après lui avoir exposé mon projet de travailler de la maison, pour différents employeurs locaux et internationaux, il me fit le commentaire suivant: « Mais, c’est pas un peu prétentieux ce que tu veux faire là? »

Boum.

Voilà quelqu’un qui 1) ne connait pas mon niveau d’anglais, 2) ne connait rien de mon industrie 3) ne me connait pratiquement pas, et pourtant qui va se permettre de mettre un couvercle sur mon enthousiasme, au lieu de poser des questions, de m’encourager, ou de ne rien dire.

Avez-vous aussi dans votre entourage des gens qui vous disent des choses comme:

  • Pourquoi veux-tu faire ça? Ce que tu as te suffit pour vivre confortablement!
  • Pourquoi prendre des risques inutiles?
  • Le royaume de Dieu appartient aux pauvres (ou: l’argent ne fait pas le bonheur, ou: St François d’Assises/Mère Théresa était pauvre et heureux)
  • Il y en a tellement qui n’ont rien à manger, tu n’as pas honte d’en vouloir toujours plus?
  • Pourquoi partir à l’étranger et devoir tout recommencer, en plus de laisser derrière toi ta famille et tes amis?

J’ai mis du temps à comprendre que ce genre de paroles culpabilisanteset critiques n’étaient que le reflet des peurs des gens, ou de leur incapacité à accomplir ce qu’ils désiraient.

Il m’a aussi fallu des années (et encore, je ne suis toujours pas au point) à admettre que tout le monde n’était pas aussi ambitieux que moi, n’avait pas les mêmes rêves, ou, tout simplement, ne souhaitait pas les mêmes choses. Encore aujourd’hui, j’ai du mal à comprendre les personnes qui travaillent de 9 à 5 dans un bureau, s’en plaignent sans arrêt, mais ne font (apparemment) rien pour changer leur situation. Je me dis qu’on a tellement de solutions et de choix possibles que ça doit être horrible de rester dans un statu quo désagréable!

Un seul être vous soutient et tout est décuplé

Alors quand j’ai décidé de prendre le risque de quitter (encore une fois) mon dernier emploi permanent pour renouer avec le bonheur du stress du travailleur autonome qui m’appelle, je ne m’attendais pas à beaucoup d’encouragements de la part des mes ex-collègues, de connaissances, ou même d’amis: ce fut le cas. Peu de gens soutiennent l’idée de prendre des risques financiers, surtout quand on a deux enfants à charge. Mais il suffit de 2-3 amis qui vous soutiennent, et ça fait toute la différence.

Pour moi, avoir deux accountability partners, deux amies expertes en leçons de vie et une amie qui peut me relire sans me juger, fait toute la différence. Me sentir soutenue me permet d’accepter les avis négatifs sans en être affectée outre mesure. C’est inestimable lorsqu’on vit une nouvelle expérience et qu’on a besoin d’apprendre, d’échouer le plus vite possible, pour renaitre de nos cendres (bon, ça fait un peu mélo-dramatique là!).

Sous quelle forme allez-vous offrir votre précieux soutien à vos apprenants?

Pensez à vos étudiants: quel soutien recevront-ils pendant leur apprentissage à vos côtés, en ligne?

Quels moyens pouvez-vous mettre en oeuvre pour qu’ils se sentent accompagnés, motivés, épaulés?

Comment allez-vous faire en sorte qu’ils puissent s’appuyer sur quelqu’un pour ne pas tomber, ou pour se relever plus facilement?

Est-ce que ce sera vous leur principal soutien? Est-ce que ça sera des courriels personnalisés, un groupe Facebook, des réunions téléphoniques, un système d’appariement (pairing), ou un peu de tout ça?

En tant qu’apprenant, à l’école ou dans votre vie professionnelle, qu’est-ce qui vous a aidé et vous aide encore le plus à apprendre? Comment pouvez-vous le reproduire, d’une façon ou d’une autre, dans votre dispositif de formation?

Je serais ravie de lire vos commentaires ci-dessous à ce sujet.

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